Hommage à Albert CORDOLA

Hommage à Albert Cordola,
ancien résistant, déporté à Dachau,
Chevalier de la Légion d’honneur
Albert Cordola est décédé le 10 juillet 2017 à Montpellier et incinéré en
toute intimité le 12 juillet.
Né en 1922 à Grenoble, il est entré spontanément en résistance contre
l’occupant nazi dès 1940, en distribuant des tracts du Parti Communiste
appelant la population à participer activement à la lutte contre
l’envahisseur soutenu par Pétain.
Le 9 mars 1941, il est arrêté par la police française pétainiste pour avoir
pris part à l’édition et à la distribution de tracts appelant à soutenir,
aider et rejoindre la résistance.
Après un interrogatoire musclé, il est incarcéré, ainsi que sa mère
considérée comme complice à la prison St Joseph à Grenoble.
En juin 1941, il est transféré à la prison militaire de Montluc à Lyon et le
3 septembre 1941, il passe devant la Section spéciale du tribunal militaire
qui le condamne à la réclusion et mise au secret. Il échappe à la peine de
mort en raison du décès de son père, sa mère obtiendra un non-lieu.
Début octobre 1941, il est conduit à la prison de St-Etienne, dans laquelle
il sera à nouveau mis au secret dans une cellule exiguë jusqu’à son
transfert fin 1943 à la prison Saint Paul de Lyon.
Quinze jours plus tard, il rejoindra les 1 200 détenus politiques de la
prison centrale de Eysses près de Villeneuve-sur-Lot en attente de leur
remise aux autorités allemandes.
Le 30 mai 1944, Albert et une partie de ses compagnons de détention sont
dirigés sur le camp de transit de Compiègne dans lequel ils séjourneront
jusqu’au 18 juin (après le débarquement des alliés, le 6 juin) pour un
ultime transfert, entassés à 100 dans des wagons à bestiaux, ayant pour
destination le camp de la mort de Dachau.
Armé d’un moral sans faille et d’une volonté de ne pas céder au
découragement face aux dures épreuves du séjour dans les prisons françaises
et dans ce camp destiné à l’éradication de toute conscience humaine, Albert
Cordola sortira de cet enfer fin avril 1945, affaibli, malade, mais vivant
pour un retour en famille le 8 mai 1945.
Fiers de l’avoir eu à nos côtés au sein de l’Amicale des Anciens Résistants
et Amis de la Résistance, il nous a apporté, ainsi qu’au sein des écoles,
son témoignage sur les dangers du racisme, de la xénophobie et de la haine
de « l’autre ». Albert n’avait que des amis à Pernes et ailleurs, il mérite
l’hommage de tous.
Jean Bottey,
Président de L’ANACR Vaucluse

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