La mémoire gravée AVIGNON

Lieu de rencontre des premiers résistants d"Avignon, Avenue Maréchal Pétain actuellement cours Jean Jaurès

Lieu de rencontre des premiers résistants d"Avignon, Avenue Maréchal Pétain actuellement cours Jean Jaurès

Caserne Chabran

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Le 27ème régiment de tirailleurs algériens (R.T.A.), cantonné en Avignon, à la caserne Chabran, depuis 1928, appartenait à la lère division d'infanterie nord-africaine, avec, pour mission opérationnelle, la défense de la frontière des Alpes.

Le 28 août 1939, peu après le déclenchement des mesures préparatoires à la mobilisation, le régiment quitte Avignon et prend position, le 3-  septembre, en Savoie et Haute-Savoie, avant d'être dirigé, le 24 septembre, vers le nord-est de la France, en Argonne.

Entre octobre et Noël 1939, cette unité multiplie  coups de main, opérations de patrouilles et de harcèlement à l'intérieur des lignes ennemies.

Rassemblés à Villers-Cotterêts le 24 décembre 1939, les tirailleurs sont confinés à l'arrière du front jusqu'au 1 2 mai 1 940. Le régiment reçoit, ce jour-là, l'ordre de faire mouvement vers la Belgique, envahie par l'armée allemande, et de s'installer à Le Quesnoy (Nord), bourg de 3000 habitants entouré de fortifications.

Sans artillerie et sans cavalerie, le 27ème R.T.A. se trouve rapidement isolé du corps de bataille. Les troupes motorisées allemandes renversent ses barrages.

Le 18 mai, en fin de soirée, débute l'affrontement direct. Peu après, le 2ème bataillon et deux compagnies du 3ème bataillon sont totalement disloqués. Le lendemain", l'encerclement du régi­ment rend impossible la manoeuvre de repli envisagée. Tout au long du 20 mai, l'artillerie alle­mande pilonne Le Quesnoy sans relâche et la résistance du régiment ne cesse de s'étioler. Le stock de munitions est réduit à quelques caisses de cartouches, les réserves en eau sont sur le point de s'épuiser, plus de médicaments, plus de pansements.

Dans la journée du 21, soudain, le calme revient. L'assaillant envoie des prisonniers comme mes­sagers. L'ultimatum précise "que rendant hommage à la bravoure des défenseurs du Quesnoy, ils sont prévenus de ne pas prolonger davantage la résistance, sous peine de destruction totale."

La mort dans l'âme, ces conditions sont acceptées. Matériel et armement sont détruits. L'étendard du régiment sera découpé et réparti entre les cadres du régiment.

A treize heures, un porteur transmet le message suivant : "Il est assuré à l'ensemble des officiers de la citadelle de Le Quesnoy de sortir avec les honneurs de la guerre et tous les officiers ont la permission de continuer de porter leurs armes sans munitions." Ce pli est signé : Wagner, Oberleutnand und Adjudant des Schutzer Régiment n°14.

Rassemblés à la sortie de la ville, les défenseurs du Quesnoy défilent devant les troupes alle­mandes en armes, qui leur rendent les honneurs militaires.

Ainsi prend fin, le 21 mai 1940, l'histoire du 27ème régiment de tirailleurs algériens. Il ne sera pas reconstitué par la suite. Les rescapés des combats, après de longs mois de captivité, au Stalag VII principalement, ne retrouveront la terre vauclusienne qu'au mois de mai 1 945.

 

Sur la façade du bâtiment qui abrite maintenant la préfecture, une plaque évoque ces faits.

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Un important monument, transféré à la caserne Chabran en avril 1990, se dres­sait dans la cour de la caserne Hautpoul, (cité administrative) érigé à la gloire du 7eme régiment du génie, installé à Avignon depuis 1894.

Après la mobilisation du 2 septembre 1 939, avec les effectifs de ce régiment et le renfort des réservistes, quelques quarante unités de combat furent constituées : bataillons de génie et de pontonniers, compagnies des équipages de ponts.

Ce régiment, dans le cadre de la 15ème région militaire, a pour mission la défense des Alpes du Sud notamment. Ses bataillons, auprès des 29èmeet 30ème divisions d'infanterie, sont donc orien­tées vers la frontière italienne, où ils séjourneront jusqu'au mois d'octobre, puis font mouvement vers l'est de la France. L'une de ces unités de combat, le 315ème bataillon de pionniers est engagé dans la bataille de la Sarre, le 16 octobre 1939.

Le 7ème régiment de génie, aujourd'hui dissout calquait ses traditions sur celles du 1 er bataillon de génie formé à partir des premiers éléments de cette arme ayant rejoint à Londres, en juin 1 940, le général de Gaulle et les Forces Françaises Libres. Cette nouvelle unité se positionne en Afrique Occidentale Française entre août et octobre 1940, sous l'appellation lere section, puis au Moyen-Orient, de février à août 1941, où elle devient la lère compagnie du génie. Ce déta­chement participe aux opérations militaires de Syrie et de Libye, de juin 1941 à novembre 1942. Début 1943, formé en bataillon désigné "1er bataillon du génie", il prend part, au sein de la division française libre, aux combats de Tunisie puis d'Italie en 1944. Présent lors du débarque­ment de Provence, en août 1944, il coopère à la libération de la France dans la vallée du Rhône, les Vosges et l'Alsace.

Une crue ayant rendu impraticable le gué aménagé sur la Durance dans la nuit du 25 au 26 août 1 944, un élément du 1er bataillon du génie construit un pont d'équipage qui permet, à par­tir du 28 au soir, le franchissement de la rivière par des véhicules légers.

Sur l'étendard du 7ème B.G.D.A. sont brodés les noms de Libye et d'Alsace. Dépôt S.N.C.F. (route de Marseille)

Dépôts S.N.C.F.(route de Marseille)

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Dans la cour du dépôt, près des Rotondes, un monument rappelle le sacrifice des cheminots avignonnais fusillés ou morts dans les camps de concentration en raison de leur action au sein de la Résistance. Sur le bas-relief, un ouvrier des chemins de fer brandit une clé anglaise, affichant avec force sa révolte contre l'occupant et sa détermination à oeuvrer pour la liberté.

Locomotive sabotée

Locomotive sabotée

Viaduc d"AVIGNON après les bombardements.Ils durèrent du 27 mai au 15 août (37 bombardements)

Viaduc d"AVIGNON après les bombardements.Ils durèrent du 27 mai au 15 août (37 bombardements)

Outre les nombreux sabotages exécutés sur les installations du réseau ferroviaire et sur le maté­riel roulant, les cheminots multiplient les retards dans l'acheminement des convois militaires alle­mands, organisent le transport de la presse clandestine et le convoyage d'agents de la Résistance.

Le coup d'éclat de l'action des résistants du réseau des chemins de fer intervient dans la nuit du 19 au 20 février 1944.

Le réseau Buckmaster a ordonné un sabotage du matériel ferroviaire stocké dans le dépôt à pro­ximité des Rotondes. Il coordonne l'opération. Les maquisards du Groupe Franc Kléber de Armée Secrète approvisionneront en explosifs les cheminots résistants.

Placés pour la plupart entre les cylindres ou dans les foyers de nombreuses locomotives en sta­tion au dépôt des Rotondes, les engins explosent à intervalles réguliers, de dix-huit heures qua­rante-cinq à quatre heures du matin. Toutes les machines atteintes par les explosions resteront hors-service pendant deux à six semaines environ.

Un engin explose également dans le tour à roues du dépôt, dont le moteur et le banc sont sérieu­sement endommagés. D'importants dégâts affectent par ailleurs le bâtiment abritant ce tour, la toiture notamment.

A quatre heures, le 26ème engin explose dans les mains d'un ouvrier qui s'apprêtait à l'arracher à la locomotive où l'explosif était placé. Il est tué sur le coup, ainsi qu'un autre ouvrier à ses côtés. Deux cheminots allemands sont également blessés.

Au total, dix-sept locomotives de trains rapides et trois de trains de marchandises ont été sérieu­sement endommagées. Cette audacieuse opération causa certes un important préjudice au ootentiel ferroviaire ennemi mais eut, en revanche, pour les cheminots avignonnais, de lourdes conséquences. Après un mois d'enquêtes, la Gestapo opéra de nombreuses arrestations dans les milieux cheminots et résistants de la ville. Sept cheminots furent fusillés, huit déportés, dont un seul revint des camps nazis. D'autres, recherchés ou condamnés par contumace, furent contraints à prendre le maquis ou à vivre dans la clandestinité.

 

Gare S.N.C.F

Les chemins de fer ont voulu rendre un hommage particulier à ceux des leurs qui,parce que résistants, ont été fusillés ou sont morts dans les camps de concentration. Parmi les cinquante-sept victimes dont les noms sont gravés sur cette plaque figurent également ceux qui ont péri sous les bombes alliées, sur leurs lieux de travail ou dans les immeubles construits à pro­ximité des installations ferroviaires. Une autre plaque rappelle le départ depuis ce lieu de mille sept cent quatre-vingt-deux Vauclusiens requis pour le travail obligatoire en Allemagne.

Synagogue d'Avignon

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Une plaque apposée à l'intérieur de la synagogue évoque, à l'attention des généra­tions futures, le sacrifice des membres de la com­munauté juive, arrêtés en Avignon dès les pre­miers mois de 1943 et déportés dans les camps d'extermination, celui d'Auschwitz notamment. Bien que seuls soient inscrits les noms de famille, la liste est longue. 

Hôtel de Ville

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        Dans le péristyle de l'Hôtel de Ville, une immense plaque rappelle, énonçant la liste des victimes, le lourd tribut payé par la cité d'Avignon lors des bombardements aériens de 1 944.

A partir du 10 mai 1 944, les avions français et alliés, en provenance de Corse, prennent pour cible le département du Vaucluse et tout particu­lièrement la ville d'Avignon.

Le 27 mai, en quatre vagues successives, quatre-vingt forteresses volantes lâchent mille deux cents bombes de deux cent cinquante kilogrammes, faisant cinq cent vingt-cinq morts et huit cents blessés; six cent cinquante maisons d'habitation sont atteintes.

Le 1 5 juin, soixante avions attaquent les terrains d'aviation d'Orange et de Chateaublanc, près d'Avignon, où sont basés les aéronefs allemands.

Le 25 juin, cent cinquante avions de type Liberator emplissent le ciel avignonnais. On dénombre dix morts et soixante blessés. Cent immeubles sont détruits. Sont également atteints le pont et le viaduc sur le Rhône, ainsi que la gare de marchandises.

Le 1 7 juillet, une nouvelle vague de cent cinquante bombardiers lourds poursuit ces actions destructrices, touchant notamment l'hôtel Dominion, siège d'une partie de l'état-major de la XIXème armée allemande, où l'on relève quatre morts et trente et un blessés militaires allemands. Encore trente morts avignonnais et de nombreux blessés les 1er et 2 août. Le 6 août sont touchés les quartiers de la Murette et de la Courtine à Avignon, ainsi que les zones industrielles du Pontet et de Sorgues.

Le lendemain, l'aviation alliée prend pour objectif le viaduc ferroviaire sur le Rhône, qui sera détruit les 19 et 23 août, et poursuit les bombardements sur les mêmes zones que la veille. Le 8 août, on dénombre encore quarante-sept morts et quatre-vingt-treize blessés.

Le 13 août, sont touchés les quartiers de Monclar, Saint-Roch, Champfleury et l'avenue des Lierres. Le 19 août enfin, de nombreuses voies ferrées sont attaquées à Avignon, Orange, Piolenc, Cavaillon et Pertuis.

La multiplicité de ces opérations aériennes contraint les Avignonnais à se réfugier, à chaque alerte, dans les abris prévus à cet effet, tel le Palais des Papes et de nombreuses caves ou sous-sols aménagés.

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Au premier étage de l'Hôtel de Ville, une plaque rappelle que, le 25 août 1944,

le chef-lieu de Vaucluse était libéré par l'armée du général de Lattre de Tassigny.

Ce 25 août au matin, des passages de chars et de véhicules américains sont signalés dans les faubourgs situés à l'est d'Avignon. Ils appartiennent au 7ème régiment de la 3ème division d'in­fanterie US. Venant de Cavaillon, ils se dirigent vers le nord suivant l'axe de progression que détermine la R.N.7.

En milieu de matinée, les premiers éléments de l'armée française, appartenant au 2ème régiment de spahis algériens, entrent à Avignon. Cet élément de cavalerie légère, à la disposition de la lère division blindée pour cette mission de reconnaissance, avait franchi la Durance par le gué aménagé près du pont de Rognonas dans la nuit du 24 au 25 août.

Le matin du 26 août, le poste de commandement du général du Vigier s'installe dans les locaux de l'ancienne école d'agriculture de Champfleury, dans les faubourgs sud d'Avignon. Il y restera jusqu'au 29 août.

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Avenue Pierre Sémard, route de Marseille, un monument récemment érigé rappelle sur les lieux mêmes le lot important des victimes de ces bombardements.

      Une grande artère d'Avignon porte le nom de lère division blindée.
Pont Daladier

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Une plaque évoque la prouesse de la 1ère division blindée qui, aussitôt après son

entrée à Avignon, a mis en place un pont de bateaux très vite opérationnel. Ce pont permit à des véhicules légers, puis plus importants, de franchir le Rhône et de progresser rapidement vers le nord, en direction de Lyon.

C'est aux efforts conjugués des bateliers du Rhône, des cadres de l'ancien 7ème régiment, en congé d'armistice, de ceux du génie, accompagnant la 1ère D.B., et des initiatives locales que l'on doit la réussite de cette opération de franchissement du Rhône du matériel roulant, sans que ne soit ralentie l'offensive éclair conduite sur la rive droite.

Avec des moyens de fortune réduits, récupérés le long du fleuve, un bac est tout d'abord confec­tionné. Il permet le passage des premières jeeps. Mais, en raison de la fragilité de la construc­tion et de la difficulté des manœuvres, celte solution précaire est très vite abandonnée.

Deux ou trois jours seront nécessaires à l'édification d'un véritable pont, autorisant la traversée des véhicules, y compris les véhicules blindés.

Aussitôt construit, le pont est inauguré par le général de Lattre de Tassigny. Le succès de cette manœuvre est considéré, sur un plan militaire, comme une victoire stratégique. En effet, elle a permis aux troupes de la lère armée française, comprenant la lèreD.B. ainsi que des éléments de la Indivision française libre, d'accélérer sensiblement leur progression.

 

Médiathèque Ceccano

Le 3 avril 1943, la Gestapo arrête Madame Germaine Lyon, épouse Bernheim et sa soeur Andrée. Elles disparurent au camp d'Auschwitz. Leur frère, Raymond, arrêté en fin d'année 1 943, sera lui aussi déporté et fusillé en Lituanie.

En 1 948, les héritiers décidèrent pour perpétuer le souvenir de leurs chers disparus de faire un don à la ville d'Avignon en achetant le mobilier et le local nécessaires à la création d'une biblio­thèque pour les enfants et les jeunes gens. Ceci explique la présence de cette plaque à l'entrée de la section jeunesse de cet établissement.

 

Poste centrale

Une plaque rappelle le souvenir de Léon Arnaud, chef de centre dans l'administration des P.T.T. en Avignon. Auteur de nombreux actes de résistance, il est arrêté par la Gestapo le 16 septembre 1943. Il sera peu après déporté dans le camp de Buchenwald, où il décède quelques mois plus tard.

Groupe de résistants FTP à la libération  Place de l"horloge AVIGNON

Groupe de résistants FTP à la libération Place de l"horloge AVIGNON

Manifestation du 14 juillet 1942 à Avignon

Manifestation du 14 juillet 1942 à Avignon

Manifestation du 14 juillet 1942 à Avignon

Manifestation du 14 juillet 1942 à Avignon

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